Dialogue, seul.

- Echéance le 11 mai, et nous sommes déjà le 9, mais qu’est ce que tu fous ? Où en est ta production, ton texte ?
- Désolé, je n’ai rien, c’est dramatique. Quand j’ai vu la photo, je me suis dit que cela allait être du gâteau, mais je n’ai rien de prêt.
- Ah l’angoisse de la page blanche, la plus grande peur de l’écrivain.
- Je croyais que c’était la crampe, la plus grande peur de l’écrivain.
- Mais non imbécile, ce n’est valable que pour l’écrivain célibataire. Pour les autres, c’est la page blanche.
- Mais je ne me sens pas très concerné. Je ne me considère pas vraiment comme un écrivain. Et je n’écris pas mes textes, je les tape sur un clavier. Au pire l’écran est blanc. En plus, je les saisis toujours dans une fenêtre réduite, donc j’ai une vue sur mon fond d’écran qui est en ce moment une photo. Et enfin, la panne sèche, c’est comme l’insomnie je ne connais pas.
- Alors c’est quoi le problème sur ce jeu ?
- A la limite, je dirais trop d’idées, mais c’est faux aussi. C’est plutôt des idées, mais qui ne débouchent pas. Si tu voyais mon dossier Mes Documents\perso\blog\nouvelles\pas publié, pas la peine de de commenter la faute, il est plein. Et il y a au moins XXXX fichiers correspondants à ce sixième jeu.
- Explique toi un peu mieux, je ne comprends pas où sont tes difficultés ?
- Je vais essayer d’être plus précis, et te balayer rapidement les différentes pistes et où elles en sont.
Là le deuxième interlocuteur fait une petite pause et remet ses idées en place.
- Ma première idée fut un texte nommé le 16 mars, qui était un lendemain, le lendemain du 15 mars donc. C’était un huis-clos dans les pensées du narrateur qui décrivait sa vie à partir de ce 16 mars en remontant dans le passé. J’avais trouvé l’idée de base et la chute. Cela s’annonçait facile. Sauf que soit la conclusion était trop brusque, soit elle était évidente depuis le début du texte. J’aime beaucoup l’idée et la dernière phrase, mais à part celle-ci et le premier paragraphe rien ne va. Je conserve pour plus tard, mais impossible pour ce jeu.
- Donc, une idée qui te semble bonne mais qui ne se concrétise pas. Cependant tu m’as dit que tu en avais plusieurs autres.
- Oui, la deuxième était complètement différente, c’était une histoire de racket qui tournait mal. Il y a eu deux versions de cette histoire, une que l’on pourra qualifier de réaliste qui finissait avec le jeune homme du photomaton sur les rails du métro. La seconde plus fantastique avec des vampires et des métamorphes. Bon, la première version était tellement glauque que je n’ai pas réussi à la terminer, l’autre était tellement grand spectacle qu’elle était au dessus de mes capacités d’auteur.
- Déjà deux idées, mais tu semblais dire que tu en avais une troisième.
- Tout à fait, la troisième, qui elle aussi me plait beaucoup, c’était une confession. La confession d’un ange qui doute. Il ne doute pas de l’existence de Dieu, il est un ange, il le connait. Mais il doute de sa mission et de son intérêt. Au début, il expliquait à son interlocuteur, absent, forcément, c’est même une des causes du doute, pourquoi il en était là. A la fin, il s’énerve et déclare qu’il va enfin savoir si sa mission est utile ou pas. Il sort du photomaton et commence à tout détruire. En parallèle de cette confession, le lecteur découvrait les réactions qu’elle provoquait dans au “Paradis”. Cette fois, trois versions possibles, soit on voyait une réunion très administrative qui n’arrivait pas à prendre de décisions. Notre ange n’étant pas arrêté finissait par provoquer la fin du monde. Et il avait sa réponse, sa mission ne servait à rien, vu que personne ne l’empêchait de tout détruire. Sauf que cela n’arrivait que parce que l’administration était gelée. Deuxième version, au moment où il sortait un autre ange se tenait devant lui et répondait à toutes ses interrogations du début. Et enfin dernière possibilité, il sortait et “noircissait” rejoignant les Forces du Mal.
- Et alors, cela a donné quoi ?
- Réfléchit, cela n’a rien donné, autrement je ne serais pas en train d’expliquer pourquoi je n’ai pas de textes.
- Effectivement c’est logique, et tu comptes faire quoi ?
- J’en suis arrivé à la conclusion que j’allais publier ce dialogue.
Sur ces mots, le pouce gauche appuya sur la touche Ctrl, simultanément l’index gauche pressa le S. Puis, ce fut Alt et F4…

****

Alors, ce texte est lié au jeu numéro 6 du blog à mille mains. La photo est une oeuvre de Louise Imagine

Cette entrée a été publiée dans Uncategorized. Ajouter aux Favoris le permalien.

2 réponses à Dialogue, seul.

  1. bullesdinfos dit :

    Bravo ! J’aime beaucoup : inventif et tellement vrai !

  2. BB dit :

    Merci, mais malheureusement trop autobiographique…

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s