Après 4 mois d’absence, je n’avais pas oublié ce blog. C’était juste que la “vraie” vie m’en avait tenu éloigné un certain temps.
Alors, pour ce retour, un nouveau Michel et Louise.
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Pourquoi et comment était elle arrivée là ? Louise n’arrivait pas à répondre à ses questions. Depuis qu’elle avait quitté son mari, sa vie s’était effondrée autours d’elle. Les lettres et les meurtres qu’elles annonçaient, c’était déjà difficile à supporter. Mais cette journée avait au delà du possible. Elle se revoyait ce matin même, pénétrant dans le commissariat du quartier. Elle venait de quitter l’hôtel où elle avait essayé de dormir. L’agent à l’accueil l’avait immédiatement amené voir un lieutenant de police. Là, elle avait raconté son histoire, montré les lettres et demandé de l’aide. Et elle entendait encore la voix du policier, son air embarrassé.
- Madame, Michel Savenberg n’existe pas. Il n’y a aucune trace d’une personne de ce nom là. Et pour l’état civil, vous êtes célibataire. Vous n’avez jamais été marié. Nous avons bien noté son signalement, nous allons rechercher cet homme. Mais pour l’administration française, il n’existe pas.
L’homme s’était tourné vers une jeune femme brigadier.
- Veuillez raccompagner madame, s’il vous plait.
La policière ouvrit la porte et fit signe à Louise de la suivre. Elle l’amena jusqu’à l’extérieur du bâtiment.
- Madame, fit elle, prenez cette carte. Mon supérieur ne peut rien faire pour vous pour le moment, nous n’avons pas les effectifs pour vous affecter un agent en permanence. Mais si vous avez besoin d’un endroit pour vous reposer, le plus en sécurité possible, allez à cet endroit. J’ai écrit mon nom au dos de la carte, dites leur que vous venez de ma part, ils ont l’habitude de recevoir des femmes en difficulté.
- Merci, répondit Louise en fourrant la carte dans sa poche, sans y penser.
Et elle s’éloigna.
Ce premier choc fut le premier de la journée, le deuxième ce fut l’hôtel.
- Voici votre clé et vous avez du courrier, marmonna l’employé à l’accueil.
- Une lettre, mais qui a pu m’écrire ici, demanda Louise. Je ne suis arrivée qu’hier, et personé ne sait que j’ai pris une chambre.
- Aucune idée madame, quand j’ai pris mon service, il y avait cette lettre dans votre casier, répondit l’homme, d’un ton toujours aussi peu aimable.
Louise prit l’enveloppe et vit son nom écrit à la main dessus, Louise Parrier épouse Savenberg. Elle reconnut immédiatement l’écriture et ouvrit d’une main tremblante cette missive.
Louise,
vivre avec toi était un enchantement, mais depuis que tu es partie tu me fatigues. Devoir te retrouver afin de pouvoir t’écrire me demande beaucoup trop d’efforts, cela m’énerve. Et tu le sais qu’il ne faut pas m’énerver, jusqu’ici tu l’avais bien compris. Tu as été te plaindre à la police, et donc tu as découvert certains de mes petits secrets. Tout cela est fort dommageable. Cependant je suis un homme raisonnable, si tu me reviens, je pense que je pourrais te pardonner. Je ne t’aime plus comme avait, je te hais même, mais j’ai bien réfléchis et j’ai besoin de toi.
Reviens-moi, Louise, reviens-moi.
Retourne chez nous, et je t’y rejoindrais. Ensuite nous partirons loin d’ici et nous pourrons construire l’avenir que je mérite. Je ne peux croire que tu choisisses de continuer ton comportement puéril, mais si tu tentes de me fuir encore, je serai très fâché. Et mon énervement ne se calmera avec quelques petits incidents comme ceux que tes connaissances ont vécus ces derniers jours.
Reviens Louise.
Ton Michel qui te hait.
Elle partit en courant, s’engouffra dans un bus qui passait. En cherchant son ticket, elle sentit un papier froissé dans sa poche. Elle le ressortit et le regarda. Sa main tremblait et elle ne réussit que péniblement à le déchiffrer. Un petit symbole représentant une biche allongée sur un croissant de lune semblait la dévisager. Elle inspira profondément et prit sa décision.
Et maintenant, elle était devant cette porte, une carte froissée dans une main, une lettre dans l’autre. Elle tenait la poignée et l’ouvrit. Elle entra.